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الأربعاء، 10 سبتمبر 2014

Lettre du mont Baddou à Monsieur le président de la république Française.



مركزتيفاوت الإعلامي


L’année 1933 fut consacrée par la France au Maroc uniquement à la réduction et à l’anéantissement des insoumis, selon ses effigies, dans le Sud-est du pays. Les convives effarouchés, habitant les détroits et des hauts plateaux, fuyaient leurs demeures et vidaient leur Igherman (bourgs en pisé). Avec leurs troupeaux, femmes, enfants et vieillards devant, ils se dirigeaient tous vers une même et unique direction: la montagne de Baddou. Ils avaient laissé derrière eux leurs biens infimes et donc leur maigre richesse pour se mettre à l’abri des bombes aveugles de l’armée de l’air française. Le massacre ne s’est pas prié, une population décemment innocente, aux valeurs universalistes pourtant, est sacrifiée pour des schémas tactiques et à cause des politiques sauvages. Elle a été poursuivie jusqu’aux fin-fond des montagnes ! La mission de la France était clair ; et elle est révélée par la dépêche de Toulouse du 17 janvier 1937 qui écrivait: «La grande préoccupation du ministre de l’intérieur est d’établir l’autorité de ces groupes(!) Sur les incontrôlables berbères. Casser tout repère pour ce peuple n’est pas un dilemme!».

En effet, du 4 Aout au 4 septembre 1933, les compulses et les séries de chasse à l’homme permanentes qui se succédaient depuis 1907 cédèrent la place à l’offensive ultime au Kerdous et au mont Baddou. Le commandement supérieur des troupes françaises avaient mis en œuvre des moyens matériels et humains jamais déployés jusque-là au Maroc. Tous les groupes mobiles du Maroc sont utilisés contre l’ennemi commun : le « bloc Merghad », Ayt Hemmou et une partie des Ayt Hdiddou :

-Le groupe mobile de Tadla avec le général de Loustal
-Le groupe mobile de Meknés avec le général Goudot
-Le Groupe mobile de Marrakech avec Catroux
-Le groupe mobile de Marrakech avec le général De La-Baume
-Le Groupe Mobile du colonel Matruccht 
-Le groupe mobile des confins avec le général Giraud
-Une flotte aérienne pour les bombardements intensifs.
- Des Sénégalais 
- Des partisans régionaux 
- Les franc-civils, des bandes de criminels armées et financées par la France.

L’ensemble était coordonné et placé sous la direction immédiate du Général Huré, commandant supérieur des troupes au Maroc. Il y alignait ainsi, en plus d’un matériel perfectionné pour l’époque une armée de 34.000 hommes. 

Le résultat, évidemment, est inénarrable ! Un témoignage recueilli il y a des années de ça disait : « On contemplait s'affaler du mont des orphelins, des blessés et des veuves. De mon for intérieur, je renvoyais des larmes visqueuses qui n'arrivaient pas à se libérer de mes paupières. Je n’avais jamais crainte de l'Agari (des balles) ou de mourir ; mais je pleurais le devenir du peuple à qui j’appartiens. Je ne voyais derrière moi, qu’une désolation et un ramassis qui n'était admissible qu'aux urgences d'un hospice. . La vallée pleurait, la montagne aussi ! ».

Ce témoin disait dans son chant :

« - Nous te pardonnons Baddou, à toi de me faire grâce
C'est moi qui ai bravé les obus qui te sont tombés dessus ! »

La presse française à l’époque n’y allait pas sur le dos de cuillère non plus ; au lieu de dénoncer, elle enchainait ses séries de propagande : L’Humanité-24 Aout 1933 : « les montagnards du djebel Baddou se préparent à résister jusqu’à la mort ».
Quand les blessés, les veuves et des orphelins retrouvèrent leurs bourgs, ils étaient encore plus meurtris ; car ils quêtaient leurs propres biens dérobés par les partisans de l’armée française. Pour survivre, ils étaient tenus de céder des maisons ou des parcelles de terrains contre une galette de pain. Le tournant de l’histoire commença alors ici ; car les Amazighs perdaient leurs repères. Le prolongement de cet enjeu a causé beaucoup de mal aux générations qui ont suivi. La France avait donc réussi pleinement sa mission, révélée par les archives du lieutenant Charpentier « fiches des Ayt Merghad », qui est de : « retarder l’évolution des berbères… ». 

- Conscients des circonstances historiques qui avaient conduit à la perte de la souveraineté de notre pays, 
- Ayant le sentiment que nos parents et grands-parents, offusqués par l'armée française dans leurs Foyers et contrées n'ont décidé de fuir l'occupant que pour sauver leur terres, troupeaux mais surtout leur honneur, 
- Au courant du génocide perpétré et avéré par les bataillons de l’armée française contre une population civile fuyant les bombardements de leurs localités en se retirant dans des grottes et sous des arbres aux barrières des monts Hamdoun et Badou,
- Étant fils et petits-fils de nombreux contrariants succombés aux bombardements ou aux maladies, malnutrition et même à l'empoisonnement des sources d'eau pendant l'encerclement du Badou ….,

Nous déclarons ce qui suit : 

- Demandons à l’état français de reconnaitre ses crimes.
- Sollicitons des excuses officielles de l'état français du mal qu’il nous a causé et que nous subissons toujours.
- Réclamons à l’état français de lever le voile sur les desseins et les soubassements de notre passé commun.

Nb : nous agissons ainsi nous-même ; car il n’y a personne d’autre qui le ferait à notre place.


Les signataires :

- Hamid Ajaoud
-Moha Bensaine
- Ali Ayay
- Zaid Ouchna


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