Ces derniers jours au Maroc, et principalement après la dernière visite du Roi Mohamed VI à Washington, on a remarqué que, brusquement, le mot Afrique a remplacé le mot arabe dans les medias officiels et ceux qui s’alignent sur leur vision. Le Maroc est redevenu en un clin d’œil un pays Africain. Quelques mois auparavant, tout un processus de mise en conditionnement a été lancé. Les hautes autorités marocaines ont annoncé, officiellement, qu’elles se penchaient sur l’examen du dossier des immigrés Africains au Maroc. Un rapport a été établi sur demande par le Conseil national des droits de l’homme. Quelques jours après, le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération a annoncé : «Le Maroc traite le dossier des immigrés africains selon une approche multidimensionnelle».
Le Maroc est arabe par la force du pouvoir et d’Allah
Quand un (e) marocain (e) gagne lors
d’une compétition international, les médias le présentent comme
première athlète arabe au lieu d’africain ou au moins marocain. Même le
TGV qui reliera Tanger-Casablanca est baptisé premier TGV arabe. Plus
encore, même les rédacteurs de la nouvelle constitution marocaine de
juillet 2011, lorsqu’ils étaient obligés de reconnaitre la langue
Amazighe comme langue officielle à côté de la langue arabe, grâce à la
mobilisation du mouvement Amazigh, ils ont ajouté les paragraphes
suivants:
- L’arabe demeure la langue officielle de l’État. L’État œuvre à la protection et au développement de la langue.
- le Royaume du Maroc réaffirme et s’engage d’approfondir le sens d’appartenance à la Oumma arabo-islamique, et renforcer les liens de fraternité et de solidarité avec ses peuples frères, arabes, ainsi qu’à la promotion de son utilisation.
Quelle est donc cette force qui leur a fait changer d’avis ?
Posons cette question : quelle est cette force et non
quelle est cette raison qui leur a fait changer d’avis ? Pour y
répondre, il y a lieu de citer quelques éléments de l’écosystème
environnant.Octobre 2013 : dans le rapport du centre américain CSIS (centre international des études stratégiques) on peut lire le paragraphe suivant «Depuis plus d'une décennie, les Etats -Unis et le Maroc ont cherché des moyens de stimuler les liens commerciaux et d'investissement américano- marocains afin de créer des emplois dans les deux pays et soutenir la croissance économique et la stabilité d'un important allié des États-Unis. Un accord libre-échange adopté en 2006 n'a pas augmenté de façon spectaculaire la coopération économique entre les deux pays. Le fait est que la majore partie des exportations marocaines ne sont pas compétitives aux USA et le Maroc se classe au 80em sur la liste des accords bilatéraux Commercial US-partenaires.
Compte tenu de cette réalité et la dépendance excessive du Maroc à l'Europe comme sa principale source du tourisme, d’investissements et de commerce, la stratégie la plus efficace pour promouvoir l’économie marocaine et créer de l’emploi est de de se focaliser sur l'expansion du Maroc en Afrique sub-saharienne. En Afrique, le Maroc dispose d'un avantage très comparatif, vu ses liens étroites et très historiques avec l’Afrique, il a un potentiel à jouer un acteur économique, sécuritaire et diplomatique. Aider le Maroc à achever son engagement stratégique en Afrique est ultimement plus bénéfique au Maroc et aux USA que de continuer à se focaliser sur le développement des relations bilatérales. » Fin de citation.
On comprend facilement que depuis l’époque Bush, les américains ont commencé à comprendre que l’Afrique du nord ne fait pas partie du monde arabe, contrairement à ce que pensent les politiciens marocains. Et que son vrai rôle est dans l’Afrique, là où existent des atouts compétitifs. Ce rapport n’est édité qu’après la visite des hautes autorités marocaines aux états d’Afrique Sub-saharienne. Ce rapport s’inscrit complètement dans une suite logique de la politique américaine qu’elle soit menée par les républicains ou les démocrates.
A présent, le Maroc s’inscrit dans cette nouvelle stratégie mondiale et c’est bien pour lui, car dans le monde arabe –ou l’empire arabe, selon l’angle de vision- le Maroc ne constitue pas un poids. Le Qatar n’a même pas la dimension d’une ville marocaine et encore avec 5% d’arabes uniquement au niveau de sa population, mais il joue le gendarme dans l’empire arabe. Ce sont l’Arabie et le Qatar qui sont les sources du financement et l’Egypte, la source des idéologies. Les trois font l’empire arabe. C’est le même choix qu’a fait Obama lorsqu’il voulait s’adresser aux Arabes. Sa première visite symbolique en Arabie et un discours en Egypte. Il a bien compris le fonctionnement de l’empire arabe.
Yasser Arafat et les politiciens israéliens Shimon Peres et Yitzhak Rabin ont remporté le prix Nobel de la paix en 1994 pour leur volonté d'instaurer la paix au Moyen-Orient |
Du devenir de l’arabisme ?
Une fois les pays d’Afrique du nord déconnectés du panarabisme, l’on peut prévoir le devenir du panarabisme et du sionisme. Il faut bien noter que ces deux dernières idéologies sont complètement identiques : ils sont d’essence religieuse et revendiquent ensemble la suprématie de chacune et la destruction de l’autre, et, en plus, sur la même terre. Il faut donc qu’elles partagent. Mais ce partage n’a pas réussi, car il est très difficile de limiter les frontières encore plus lorsque presque les quartiers des uns et des autres se chevauchent. Deuxième solution : vivre ensemble dans le même grand village : le grand moyen orient.Michel Aflaq,un chretien, il est le fondateur de l'arabisme |
L'image de la fin du film de la condidature de Qatar au Mondial 2020 |
Pour compléter le tracé : c’est le dernier rapprochement entre les USA et l’Iran. Car, bien sur, le club de la région doit aussi intégrer l’Iran comme membre, puisque c’est un club géographique. Lors de la dernière déclaration du prince saoudien Ben Talal (qui est à l’occasion le cousin du prince marocain Hicham Alaoui qui ne veut plus des Amazighs au Maroc), dans une interview accordée à la chaine de télévision économique américaine Bloomberg, on lit : « Nous les arabes, les Musulmans sunnites, sommes avec Israël contre l’Iran ». Contre l’Iran, c’est l’argument du prince aux arabes à qui il prépare les cœurs pour l’amitié Israélienne. Il sait bien que la première des choses que doit demander les USA aux iraniens est de ne pas agresser ses voisins arabes sunnites et israéliens. Mais ce qu’il ne peut pas demander aux USA, car c’est aux antipodes de la pensé démocratique, est que l’Iran s’engage à ne pas envahir les cœurs des musulmans Sunnites pour les rendre Chiites. Et c’est exactement le point fort de l’islam Chiite sur l’islam Sunnite. Même le fils du grand Sunnite arabe Youssef Al Qaradaoui a abandonné l’islam sunnite pour embrasser le nouveau Islam Chiite. Sans compter les leaders du Hamas et les autres.
Une délégation Israélienne au parlement marocain des deux chambres en 2011. Les présidents des deux chambres en emême temps. |
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Dans le même parlement marocain : à gauche la délégation Israélienne et à droite une délégation marocaine panarabiste et mentalement palestinienne! Les américains ont finalement raison sur le plan stratégique à refaire vivre renaitre l’amitié arabo-israélienne |
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Comment le Maroc pourra-t-il assumer son nouveau rôle ?
Dans ce contexte, il est donc impératif de reformer tout
l’arsenal des partis politiques Marocains. Ils souffrent déjà d’une
absence d’enracinement et de popularité dans la société marocaine ; le
taux de participation aux élections électorales en est une preuve, la
transhumance des politiciens marocains entre les différentes couleurs
partisanes en est une autre. Un islamiste peut devenir un socialiste
voir même un communiste et vice versa. Pour les partis qui ne
partagent, entre eux, que l’arabisme tout seul, le changement de parti
est gratuit et aussi fréquent. Une petite minorité initiée, parmi eux, a déjà commencé à préparer le peuple marocain au virage historique. Limitons-nous à ne citer que l’initiative d’un parti politique qui parle de Tamaghribiyte (la marocanité) comme slogan identitaire marocain au lieu de l’arabité comme à l’accoutumé chez les autres. Il a même été le premier parmi les partis arabo-islamiques à demander l’officialisation de la langue amazigh dans la constitution ; c’est aussi le premier parti qui a affiché l’Amazighe dans toutes les plaques des locaux du parti, partout au Maroc. Dernièrement, une personnalité proche de cette formation a lancé le projet de l’enseignement en langue marocaine, le Darija. Mais il n’a pas pu convaincre, ou parce qu’il a l’habitude de perdre. Son dernier succès c’est son échec de convaincre les marocains de voter en 2007, malgré le grand budget qu’on lui a accordé. Ce qui veut dire qu’il manque quelque chose d’autre, mis à par le budget.
Un dirigeant du PJD embrasse la tète Ismail Haniyyi |
Les Amazighs dans la nouvelle équation ?
Etat des lieux :
Des jeunes Amazighs inaugurent par leurs propres moyens une statut du roi Massinissa à Bejaia en Kabylie (Algérie) |
Tous les ingrédients sont réunis sauf un : Les Amazighs. Seront-ils capables de ne pas rater ce moment de l’histoire ? Ils ont déjà raté plusieurs. A ne citer que :
- Ils ont christianisé l’Europe, mais ils ont échoué à avoir un pays développé, libre et prospère. La première église fut édifiée à Tamazgha, et celui qui fondra l’église catholique est un Amazigh : Saint Augustin. Tous les pays européens ont une église en son nom sa grande statue est à Rome.
- Ils ont islamisé l’Europe, mais ils ont échoué à avoir un pays musulman Amazighe comme l’Iran même. Tariq Ait Ziyad a bien pu islamiser l’Espagne avec une armée complètement nord africaine. Mais les arabes ne l’ont pas traité comme a été traité Saint Augustin. Ils n’ont pas attribué son nom à des mosquées dans tous les pays arabes avec une grande statue au Moyen Orient ; le Calife l’a mis en prison et mourra vagabond dans les rues de Damas. Si l’Espagne n’a pas fait l’acte de 1942, elle sera aujourd’hui dans la ligue arabe et le premier ministre Espagnole ferait de la cause palestinienne la cause nationale d’Espagne. Elle sera par contre épargnée du problème d’immigration car ce sont les espagnoles qui vont immigrer vers l’Europe.
- Ils ont même eu leur propre religion le Bourghouatisme, mais ils ont échoué et leur Etat a été détruite par d’autres Amazighs fanatiques venus du désert.
Quelle solution ?
L’histoire de ce dernier est très intéressante sur le plan pédagogique. Etant dans l’opposition, il dépose au parlement marocain un projet de loi organique pour l'Amazigh selon la constitution. Ce projet a été édité par AZETTA une organisation du mouvement Amazigh en partenariat avec l'ambassade de Suisse qui a une trés grande experience dans la diversite culturelle. Ce parti a même donné, au parlement, la parole au nom du parti a une parlementaire issue du mouvement amazighe, chanteuse très célèbre qui a rejoint le parti récemment pour poser une question completement en langue Amazighe, pour casser les verrous. Au lendemain de son intégration au gouvernement après un remaniement ministériel, sa première action est de retirer sa proposition de projet de loi !
C’est l’exemple le plus pédagogique pour expliquer dans une classe d’école primaire à un groupe d’élèves qu’est-ce qu’est la trahison? Pour les Amazighs avertis, c’est normale : la trahison des Amazighs l’oblige. Mais ce qui n’est pas normale, c’est d’éditer un communiqué pour dire que ce retrait est motivé par le fait que ce projet de loi devrait être l’œuvre de tous le mouvement Amazigh ! Alors que jamais dans l’histoire du Maroc un projet de loi et même la loi elle-même n’a ni émanée ni approuvée à l’unanimité par la société civile marocaine !
Mais ce qui est encore pire, c’est de voir la parlementaire Amazighe chanteuse défendre ce point à la presse ! Elle n’a pas compris que si cela est vrai, le parti ne devrait même pas lui donner la place du chef de la commission parlementaire -uniquement cette fois-ci -pour poser une question en Tamazight? Car c’est encore une grave violation de la loi et des principes avancés par le parti. Quand est ce que les partis politiques marocains se sont-ils mis d’accord ensembles pour commencer à poser des questions en tamazight au parlement? Les partis du gouvernement lui-même ne se plaignent-ils pas d’absence de consensus dans les décisions du gouvernement? Le parti de l’Istiqlal n’a-t-il pas quitté le gouvernement pour cela ? Etc.. Etc…
Si on peut résumer ce phénomène en un mot c’est que le RNI et tous les autres formations politiques marocaines, sans exception aucune, considèrent les Amazighs des simples BARBARES. Mais n’ont-ils pas vraiment raisons ? La réponse est bien sûr oui. D’ailleurs c’est pour cette raison que le dictionnaire de la langue arabe garde encore le mot BARBARE pour désigner les Amazighs! Contrairement aux autres langues du monde dont même le français qui, par peu de respect, a arrondi le mot Barbare en berbère. Le français, la langue d’un état qui a marqué par plus de mal toute l’histoire des Amazighs depuis 5000 ans. Quel sort maudit pour un brave peuple !
Mais aujourd’hui, comment les Amazighs, non barbares, peuvent-ils mettre en place des fondations solides qui peuvent changer le courant de l’histoire en Afrique du Nord pour que la reine Dihiya cesse de tourner dans sa tombe ?
Une seule solution : exister en première étape comme une grande force politique. Quant aux différences, la démocratie a déjà prévu tous les mécanismes de fonctionnement.
Pour ceci, il faut bien méditer cette citation capital de Shimon Pérès, qui avait dit : « L’histoire est un train, si tu n’es pas sur le quai au bon moment, tu rates le train de l’histoire ».
Si beaucoup de peuples aujourd’hui existent en tant que telle, c’est qu’ils étaient sur le quai entant que force politique le moment ou le train de l’histoire est arrivé à leur gare. Et si les Amazighs n’existent pas entant qu’Imazighen, c’est qu’ils sont toujours arrivés en retard à un moment donné de l'histoire. Aujourd'hui, seront-ils au rendez vous ou non? Personne ne peut prévenir. Ce qui est sûr est que :
- Ils sont avisés à temps
- c’est leur dernière chance
- leurs ancêtres étaient de brave résistants qui n’avaient pas de
repères et c’est la cause de leurs échecs dans l’histoire des peuples
Auteur: Mohamed El Ouazguiti
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