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الأربعاء، 25 يونيو 2014

Boko Haram est dans nos murs, à Marrakech… par Ahmed Aassid



par Ahmed Aassid

Il est des choses étranges que font ces derniers temps les autorités, comme celles de Marrakech par exemple qui ont mis en place des patrouilles féminines dont les agentes sont habillées en civil et traquent les femmes sur les voies publiques et dans des lieux de divertissement, se fondant sur leurs mises vestimentaires. Ces agentes s’attellent donc, avec ces femmes, à ce qui ressemble bien à du harcèlement, leur demandent de produire leurs identités et en arrivent même parfois à leur demander de quitter la ville ocre (sic).

Il y a même eu des femmes qui se sont fait arrêter, en attendant que leurs identités soient établies, comme cela s’est produit tout récemment encore avec des élèves ou des étudiantes qui n’entretiennent absolument aucune relation avec une forme ou une autre de prostitution. Le génie des autorités de Marrakech en est arrivé à un point où des décisions fort étranges ont été prises, comme celle d’interdire aux femmes résident à Marrakech de louer une chambre d’hôtel, pour quelque raison que cela soit. Les mêmes autorités ont resserré leur surveillance sur les boutiques et les espaces commerciaux… et tout cela est fait au nom de la lutte contre la prostitution et la chasse aux call-girls.

Les concepteurs de ces brigades, à la manière saoudienne, sous-développée comme on en convient, regretteront incessamment leur acte car il porte en lui tous les ingrédients de la discrimination et les signes de la barbarie, qu’aucun esprit sain ne saurait ni ne pourrait admettre.

Juger les files et les femmes selon leur aspect extérieur est un comportement bédouin qui dénote totalement avec les modes de fonctionnement d’un Etat moderne… Et nul n’ignore que la prostitution est également le fait, sous nos latitudes, des femmes dûment voilées, voire « burqéisées ». Pire… un nombre croissant de prostituées optent pour ces attirails vestimentaires car ils ont l’avantage de les prémunir contre toute suspicion, aussi bien de la part de la maréchaussée que de celle de clients indésirables pour toutes formes de raisons. Les médias se sont fait l’écho de tous ces scandales portés devant les tribunaux et dont les héroïnes sont des femmes voilées accusées de prostitution et/ou d’infidélités conjugales. Et tout cela mène la société à comprendre la réalité de la situation, et donc que l’apparence est trompeuse et qu’une tenue vestimentaire ne peut en aucun cas militer pour la vertu d’une femme ou de légèreté de sa cuisse. Non, c’est dans le comportement et dans ses orientations que l’on reconnaît la nature d’une personne, femme ou homme.

Et donc, à partir de là, nous pouvons aisément comprendre que les brigades des agentes traquant les prostituées à Marrakech se soient complètement fourvoyées en poursuivant des filles, des femmes, modernes, pourtant des vêtements modernes, en prenant que ce sont des filles de petite vertu, ou à tout le moins douteuses… Et accuser une femme d’être douteuse ou suspecte, en plus de porter atteinte à sa dignité, n’est pas un critère ou un motif d’accusation objectif.

Et puis, d’un autre côté, interdire aux femmes de Marrakech de louer une chambre dans un hôtel de leur ville est une discrimination flagrante car cette décision ne s’applique pas aux hommes également. Exiger de visiteuses de Marrakech de quitter la ville en raison de doutes nourris sur leurs intentions est aussi une pratique bizarre, voire dangereuse car elle rappelle celles des pays totalitaires policiers ou des Etats vivant sous état d’exception, et en aucun cas des pays démocratiques stables. En effet, une telle interdiction prive les femmes qui en sont victimes d’un droit fondamental qui est le droit de circuler librement, alors même que les hommes profitent de leurs pleins droits d’aller où bon leur semble.

Et puis, une question de première importance mérite d’être posée : cette décision de créer ces brigades a-t-elle été prise sur le plan national par les autorités centrales ou n’est-ce, à l’inverse, qu’un excès de zèle des autorités locales ? Dans ce dernier cas, la direction centrale de la police doit intervenir pour mettre un terme à cette situation car les excès de zèle des Marrakchis n’est ni opportun ni heureux, et peut mener à des résultats regrettables.

Cet activisme des autorités à mettre un terme à la prostitution, mais en usant de tels procédés qui prêtent à sourire voire à rire ne réduira en rien le phénomène mais incitera les professionnels à pratiquer leur activité avec plus d’ardeur, mais sous des couvertures diverses. Le mieux serait encore de trouver des solutions sociétales efficaces et des remèdes sociaux efficients, aux fins de réduire la pauvreté et de procurer des emplois. Mais user et abuser de moyens dictatoriaux et rouler ainsi des mécaniques n’est définitivement pas la bonne solution.

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