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الخميس، 2 يناير 2014

La qualité gustative pénalise les agrumes à l’export


Les agrumes marocains traversent une mauvaise passe, tel a été le constat largement partagé par de nombreux producteurs lors d’une journée d’information, initiée en milieu de semaine à Agadir, par la Chambre régionale d’agriculture du Souss-Massa-Drâa. La campagne agrumicole censée enregistrer un record en termes de production n’a pas profité à la filière, tant au niveau de l’export que de celui du marché local, et pour cause, une multitude de facteurs exogènes et endogènes sont intervenus en des proportions variables pour arriver à cette situation. Selon les professionnels, c’est essentiellement la qualité gustative qui a pénalisé la commercialisation des produits agrumicoles à l’étranger. Au-delà de la chaleur excessive survenue en été et de son influence sur la croissance du fruit, en plus d'une floraison excessive, la cueillette précoce, pour des raisons concurrentielles, a malmené cette campagne. En effet, les groupes exportateurs voulaient être présents les premiers sur le marché avant les principaux concurrents, notamment l’Afrique du Sud, la Turquie ou encore le Chili, ce qui les a poussé à la précipitation. Selon Bouhdoud Boudlal, de la section Souss de l'Association des producteurs d'agrumes du Maroc (Aspam) : «les stations de conditionnement et d’emballage au Maroc se sont précipitées à exporter leurs produits sans qu’il ait une véritable synergie entre les groupes, en vue de coordonner cette opération». À cet égard, l’expédition a été lancée début septembre alors que la clémentine, l’une des variantes des petits calibres marquant la production de cette campagne, devait être récoltée en quatre opérations de cueillettes, qui correspondent à quatre vagues de croissance». Résultat, en raison de la faiblesse de la qualité gustative, mais aussi de la coloration du fruit, le marché a été moins réceptif aux produits agrumicoles marocains, ce qui a affecté l’image du royaume, notamment en Russie, principal marché récepteur des agrumes marocains, où la clientèle a opté selon des professionnels pour la clémentine sud-africaine. En chiffres, la production a atteint cette année près de 888.000 tonnes, soit une augmentation de l’ordre de 119% avec une prédominance des petits calibres par rapport à la campagne précédente (une production de 405.100 tonnes) et à hauteur de 48% en comparaison avec la moyenne des cinq dernières années. S’agissant des professionnels qui ont pointé du doigt la non-activation de l’article 8 dédié à la préservation de la qualité des expéditions, l’établissement autonome de contrôle et de coordination, en la personne de son représentant, a souligné que la responsabilité émanait avant tout des stations de conditionnement qui devaient auto-contrôler leurs produits, mais aussi parce que les quantités acheminées vers l’export ont déjà respecté le seuil des indicateurs déjà arrêtés. À cet égard, l’EACCE a effectué 1.300 analyses pour s’enquérir de la qualité des produits, mais force est de constater que la production expédiée manquait de goût. Un accord est en cours d’adoption par la Commission de coordination et d’exportation. Il stipule l’exportation des agrumes disposant de 45% de jus et entre 8 à 10% de la qualité gustative. Sur le marché local cette fois-ci, les grandes quantités ayant inondé le marché ont contribué pour leur part à brader les prix, ce qui a davantage compliqué la situation des producteurs, notamment leurs marges de manœuvre. À cet égard, les professionnels ont mis l’accent sur l’amélioration de la chaîne de froid et de celle du conditionnement pour l’export. Au moment où la production devrait enregistrer cette année un niveau record, le nombre des infrastructures d’emballage n’a pas évolué et il a stagné au niveau de 20 stations depuis des années. De surcroît, à l’instar de la filière de la tomate, les producteurs d’agrumes ont appelé à l’organisation de l’opération de commercialisation devant l’évolution des superficies plantées. Pour ce qui est de la diversification des marchés de l’export, aujourd’hui le constat est clair, à peine 30% de la production serait exportée à l’étranger. D’où la nécessité d’augmenter ce ratio, mais aussi de diversifier les marchés, notamment vers l'Union européenne. Il y a lieu de noter que la moitié des exportations d'agrumes est destinée à la Russie. Le reste est acheminé vers l’Amérique du nord (le Canada), en plus de la Scandinavie. Cela constitue un risque de dépendance en cas d’incident politique ou économique sur les exportations marocaines en Russie.
Lien : http://www.leseco.ma/economie/16966-la-qualite-gustative-penalise-les-agrumes-a-l-export
par  Yassine SABER, LES ECO................

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