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الأربعاء، 25 ديسمبر 2013

Merci au Raja …

                                             Manal Lamsaddak   
Manal Lamsaddak
J’avais balancé ma première chronique la semaine dernière, et j’étais toute contente avec le nombre de « likes » et partages et surtout les messages qui m’avaient littéralement fait plaisir. Et j’avoue que j’étais sur un nuage. Sauf qu’après 24h, je me suis rappelée que j’étais engagée à écrire une chronique par semaine. Et la chose à laquelle je n’avais pas pensé, c’est que je ne pouvais pas écrire sans être inspiré !
Oui, je devais attendre l’inspiration, en plus il y a toujours un moment où ça vient. Je me suis dis que je vais finir par être touchée par la grâce. Donc, je me suis mise à mon bureau et j’attendais la grâce. Une heure, deux heures, trois jours … pas de grâce. Je l’ai cherché pendant une semaine, et je ne l’ai pas trouvé. Pourtant j’avais croisé du monde. Ah oui, j’ai croisé la honte, j’ai frisé avec le ridicule, j’ai trainé avec l’ennuie et j’ai beaucoup sympathisé avec l’insomnie. Et c’est à ce moment là que l’insomnie m’a dit que la grâce vivait en colocation avec sa sœur « la souffrance », et qu’elles étaient inséparables. Elle avait raison. Dans le fond, la grâce ne vient pas sur commande, c’est connu. Je présume d’ailleurs que vous connaissez tous le mythe de « l’artiste » maudit. Non, je ne suis pas artiste, mais c’est vrai que pour bien écrire il faut être torturé !
Peu importe. Chagrin d’amour, des conflits familiaux, un quotidien pourri, ou même un entourage malheureux. Et moi, j’étais vraiment mal barrée cette fois-ci. J’ai fait le bilan et tout allait bien. Santé, famille, travail … même ce voisin qui me réveillait chaque matin avec les chansons de Reda Taliani a disparu du jour au lendemain, surtout la fameuse « va bene » que j’avais commencé à chanter inconsciemment. En plus, pour couronner le tout, le peuple marocain à son tour était heureux et criait de joie grâce au Raja Casablanca qui est arrivée au final de la coupe du monde des clubs.
Je me suis dit que le hasard ne pouvait pas me faire un sale tour. Ce n’est pas au moment où j’avais le plus besoin d’inspiration que tout ira à merveille et que j’allais rester les bras croisés face à une page blanche. Il y aura surement quelque chose qui ne tourne pas rond. Il y aura toujours un petit grain de sel dans ce gâteau de joie. Et comme on dit, qui cherche trouve. Sauf que je n’avais pas vraiment cherché. Tout était clair devant moi. Les marocains sont contents et fiers à 100 % ? Impossible. Il y aura toujours une part de schizophrénie, d’hypocrisie et d’ignorance. Et pour moi, ça restera toujours une chose triste !
Oui, c’est triste de voir qu’il existe toujours des personnes dupes qui ont vraiment cru qu’après qu’ils aient écrit des statuts sur Facebook, Mohamed 6 a assisté au match pour leur faire plaisir. C’est triste de voir que le protocole royal a demandé aux joueurs d’éviter le baisemain juste pour la belle image du pays devant les journalistes du monde entier, et non par conviction. C’est triste de voir des personnes qui n’ont pas arrêté de crier « Allo, allo lwalida … sefti l3a9a raja ba9a » et autres répliques du même genre durant 48h, et juste après que le Bayern a marqué ses deux buts on commence à entendre « gueltha lik a sahbi, ra mafiddihoumch ». C’est triste de ne pas avoir vu un minimum de reconnaissance envers M’hammed Fakhir qui avait presque tout fait pour cette équipe. C’est triste d’entendre quelqu’un crier de tous ses forces « ALLEZ RAJA » et deux minutes après, il n’arrête pas d’insulter et critiquer Mouhcine Moutouali avec tous ses tatouages. C’est triste de voir que du jour au lendemain tout le monde est devenu Rajaoui et supporteur de Raja, et après qu’ils n’ont pas remporté la finale les rajouis deviennent ironique en faisant plaisir à leur orgueil avec leurs « Raja b3da khessrat b 2 m3a Bayern, w l Wydad khessrat b 2 m3a Chabab Rif Al Hoceima … fer9 kbiiiir ». C’est triste d’entendre dire qu’un club de foot a « ENFIN » pu retracer le sourire aux lèvres des marocains. C’est triste de voir que seul un match peut ressortir la schizophrénie et l’hypocrisie que cachent les marocains dans leurs fonds. C’est triste ne pas voir quelques-uns partager cette joie ne serait-ce qu’un tout petit peu (à savoir que c’est l’occasion ou jamais d’être content que les marocains ont pu accomplir quelque chose, faut savoir exploiter ce genre d’occasion quand même). Et puis … c’est tellement triste de constater que les marocains ne deviennent fiers de leur nationalité que quand ça a rapport avec le foot ou la musique.
Mais de mon coté, je remercie le Raja. Au moins moi, je suis reconnaissante envers cette équipe. Je l’avoue. Et je le dis en ayant toute ma conscience : Merci au Raja. Oui, merci au Raja … de m’avoir inspirée.
Manal Lamsaddak

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