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Latefa Ahrrare : « Personne n’est obligé de m’aimer, mais personne n’a le droit de m’insulter»
Latefa Ahrrare, un nom qui ne laisse personne indifférent. Le chemin qu’a emprunté cette femme

mérite plus qu’une discussion. Provocatrice et surtout rebelle, mais pour cause faire tomber les tabous et lutter contre les idées reçues. Dés qu’on entend son nom, on ne peut s’empêcher de penser à la scène de Capharnaüm dont peu connaissent l’histoire, et sans oublier le « caftan rose » et le « costume d’homme ».
1. Qu’est-ce qui a changé dans votre vie après Capharnaüm ?
Moi, non. Dans la vie des autres, oui. Moi je suis toujours la même, ce sont les autres qui ont peut-être changé un peu leur opinion vis-à-vis de moi. Ils ont vu une autre image de Latefa Ahrrare. Moi j’ai toujours été comme ça, une fille qui touche à tous les sujets, surtout aux sujets qui font peur. Je dirais même qu’ils ont commencé à découvrir Latefa Ahrrare. Mais pour moi rien n’a changé et je suis toujours la même, sauf que peut-être je suis de plus en plus touchée par les masses médias.
2. On a vu que vous aviez été menacé sur le web par le fameux « Tuer Latefa Ahrrare, c’est sauver un peuple » après votre passage sur le tapis rouge en 2011, et d’ailleurs il existe toujours des internautes qui vous insultent dans le virtuel. Mais dans la vraie vie, ça vous est déjà arrivé d’être insulté ou menacé ?
Par téléphone, oui. Mais dans la vie réelle non au contraire, je signe même des autographes. Je rencontre des personnes dans la rue, qui portent des burqas, qu’elles soient en jean slim, … des garçons, des filles, des jeunes, des moins jeunes … Au contraire, je suis aimée et même des fois je suis émue par l’amour que me donnent ces gens là. Je peux dire que ça ne me dérange pas que je sois critiquée, et personne n’est obligé de m’aimer. Mais personne n’a le droit de m’insulter.
3. Y a-t-il encore des gens qui ne vous reconnaissent pas dans la rue ?
Non. Il y a beaucoup de gens qui me reconnaissent, et d’ailleurs ça me surprend. Et ça me fait surtout plaisir.
4. Parmi tous ces critiques et ces étiquettes qu’on vous colle, quel terme vous a le plus blessé ?
Ça dépend. Des fois je suis à fleur de peau, donc n’importe quoi peut me blesser, mais je ne le montre pas. Je reste toujours avec le sourire.
5. Et c’était quand la dernière fois que vous avez pleuré ?
Tout à l’heure, mais pas parce qu’on m’a insulté, non. Mais c’est parce que j’étais émue. Là je suis entrain de faire une action citoyenne « le Cont’n’art, la culture au service de la santé », et il y a quelqu’un qui est venu vers moi et il m’a dit « Merci parce que vous donné envie de vivre à plusieurs gens. Je vous suivais, je vous écoutais et vous avez beaucoup d’énergie et vous donnez de la bonne énergie … ». Ces mots là me rendent vraiment heureuse.
6. On vous voit dans le théâtre, au cinéma, dans les séries, vous chantez, vous écrivez des poèmes, une femme associative et prof d’arts dramatiques. Y a-t-il encore un rêve que Latefa Ahrrare n’a pas pu réaliser ?
Celui de mourir (rires). Non, je suis quelqu’un qui aime bien rire. Mais il y en a des rêves que je n’ai pas réalisé. Je rêvais d’être cosmonaute, et là j’essaye de l’être autrement. L’espace et la pesanteur on peut les créer partout, surtout quand on est créative. Moi j’aime bien être créative et partager ma création avec les gens, qu’ils ne l’aiment pas ou qu’ils l’aiment, ça ne me dérange pas. Mais l’essentiel c’est que je partage, moi au moins je partage, et je ne suis pas égoïste.
7. Peut-on revoir Latefa Ahrrare au cinéma ?
Mais bien sûr. On va la voir très prochainement, et en tant que réalisatrice aussi.
8. Si par exemple un réalisateur vous propose un rôle où vous devez poser toute nue, l’accepteriez-vous ?
Cette question on me l’a toujours posé. Et là je veux dire aux gens que Latefa Ahrrare ne se dénude pas, mais plutôt elle dénude les tabous.
9. De nature vous êtes une rebelle et provocatrice. Est-ce que Latefa Ahrrare cherche à être toujours sur la une des journaux c’est pour cela que vous êtes devenue la spécialiste des buzz ?
Non, je crois que Latefa Ahrrare est simplement elle-même.
Et en parlant de buzz, on a comprit le fait de rapprocher le théâtre aux gens, mais pourquoi un « conteneur » ? Sachant que c’est un conteneur qui a regroupé des politiciens et des artistes. Comment avez-vous eu cette idée ?
Cette idée je l’avais eu il y a longtemps, et je voulais la réaliser soit en trouvant un camion ou un bus ou autre. Je voulais quelque chose de mobile qui partait vers les gens, parce que ça revient au partage. Et moi je crois beaucoup au partage, surtout que la culture est un partage. C’est une réflexion, c’est un acte qui se vit chaque jour, et pas simplement l’élite. Parce que l’ensemble de la population a droit à la culture, qu’elle soit savante, qu’elle soit populaire, il a droit à ça. Et la rue pour moi elle a toujours bouillonné, sauf que ça doit bouillonner par le bonheur et le partage. Alors le Con’t’art c’est justement être dans la rue mais être créateur et à l’écoute des jeunes, qu’ils soient marocains ou pas, parce que là on ne vit plus seuls, il y a avec nous les réfugiés syriens, les subsahariens sans papiers, les chinois … Donc le Maroc pour moi, c’est un pays ouvert à l’humanité et je crois en ça. Donc quand j’ai invité des politiciens de toute sensibilité, même si nous sommes différents dans nos attentes, dans nos sensibilités, dans notre couleur, dans nos idéologies, dans nos pensées, dans notre vision du monde … nous sommes tous prêts à être ensemble et à vivre ensemble.
Capharnaüm, le caftan rose, le cont’n’art et le costard … Que cache Latefa Ahrrare pour 2014 ?
Je ne cache rien justement, je suis
quelqu’un de très transparent et très spontanée. D’ailleurs quand j’ai mis un costard noir avec une chemise blanche, des bottines rouges et une cravate rouge, je me demande pourquoi on m’a critiqué pour ça ? Est-ce que c’est « hchouma » ou « hram » pour porter ce costume ? Mais si Latefa Ahrrare permet aux gens de s’exprimer et d’être heureux, ça m’enchante.
En un seul mot :
- La femme marocaine : Créatrice
- La jeunesse marocaine : Fraîcheur
- Le web marocain : Bouillonnant
Un dernier mot pour le J20 et la jeunesse marocaine.
Je leur dirais croyez en vous et en vos rêves. Soyez audacieux, parce que c’est ce qui fait que vous créez. N’attendez pas à être fataliste et n’attendez pas que les autres viennent vers vous, non. Partez vers la vie, créez, partagez et surtout croyez en vos rêves.
Propos recueillis par: Manal Lamsaddak
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