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الاثنين، 2 ديسمبر 2013

Ahmed ASSID ou l’intellectuel qui dérange!

Ahmed ASSID ou l’intellectuel qui dérange!
Le Maroc est un État démocratique, égalitaire et ouvert à l’évolution. Il ouvre ses portes à toutes les formes de liberté d’expression et fait valoir la diversité, la différence et la pensée critique. Jamais notre Maroc n’a fait preuve d’extrémisme ou de répression et encore moins a-t-il  pensé un jour à menacer toute personne sortant du «lot» et refusant de se soumettre à l’opinion commune …
FAUUUX!!
Ahmed Assid est aujourd’hui l’exemple vivant de ce gros mensonge
Qui est Ahmed Assid ?
C’est d’abord un professeur de philosophie et un militant politique amazigh, qui à travers ses livres et ses conférences tend à répandre ses opinions politiques tournées essentiellement vers une idée assez simple : la sécularisation de l’individu. Généralement accusé d’extrémisme antireligieux, ce quinquagénaire prétend ne se  soumettre à aucun dogme et pose comme principe  suprême à sa pensée : La Liberté. Une liberté qui semble gêner bon nombre de marocains : on ne peut le nier Ahmed ASSID est un homme qui dérange. Il en est lui-même conscient et le dit clairement dans une émission à MedRadio en Octobre 2012 «Je suis un professeur de philosophie, entre autres je suis une personne qui dérange et qui pose des questions sur les divergences et les contradictions de la société en essayant ainsi d’en tirer un sens, j’essaye aussi de revoir certains concepts sujets au doute, et en faisant ça je ne plais certainement pas à un grand nombre de personnes. »  Mais si le message de Ahmed ASSID, comme il le prétend, ne vise ni à insulter ni à se débarrasser de la religion musulmane, ou veut il donc en venir ?  Il le répète et le clame dans toutes ses apparitions : Faire en sorte que toutes les croyances et toutes les religions puissent coexister en paix et en toute liberté « Mon but est clair ; mon but est que mon pays devienne un pays démocratique, où tous les marocains pourront coexister malgré leur différence et ceux en étant tout à fait égaux devant la loi ». En d’autres termes c’est la liberté, la démocratisation de l’Etat marocain, la sacralisation et la sécularisation de l’individu, qui aujourd’hui sont  les prémices de la pensée de ASSID, des prémices qu’il ne semble pas vouloir abandonner et ceux malgré tous les obstacles, les menaces et les railleries qui entravent son chemin.
De quoi est il accusé ?
Une Etat démocratique, libre, évolutif … rien d’illégitime à priori. Pourtant cet homme suscite la colère, la haine et la rancune de beaucoup de personnes. Aujourd’hui sujet à de nombreuses menaces, Ahmed ASSID fait la une des pages Facebook. Des Trolls aux vidéos passant par différentes caricatures, rien ne lui est épargné, et les commentaires faits à son égard ne font pas mine de déclarations d’amour. Mais que lui reproche t on ? On lui reproche d’abord  son aspiration à  laïciser le Maroc et de compromettre ainsi des siècles de traditions, de valeurs et de cultes religieux. On l’accuse aussi, et surtout, d’avoir « blasphémé », d’insulté la religion et même d’avoir traité le prophète de terroriste. Chose qu’il nie considérablement : « L’on m’a accusé d’avoir insulté l’Islam, d’en avoir dit qu’il était anachronique, je nie, une énième fois, avoir prononcé ses mots ». Le plus étonnant est qu’une grande majorité de ses détracteurs  n’ont pas cherché à s’assurer de ce qui leur a été rapporté de ces propos. D’autres vont de l’autre côté prétendre même que toute cette image du « fouteur de trouble, mécréant, athée et ami du diable … » a été propagé par des partis extrémistes ayant des intérêts politique à monter l’ordre public contre lui. Ceci dit, on n’est pas en mesure de juger les intentions de personne, tout n’est finalement qu’interprétations et opinions. Ce qui m’amène  à présenter la mienne, que je suis seul à assumer.
Ce que j’en pense !
Dans ma tentative de comprendre et de connaître Ahmed ASSID, connaissance qui restera sans doute incomplète et relatif, je ne pu m’empêcher de le comparer à une autre figure bien plus ancienne mais toute aussi dérangeante ; celle de Socrate. Socrate  considéré comme le « premier » philosophe avait aussi la fâcheuse habitude de déranger  les citoyens d’Athènes du 4 ème siècle av J-C, et ce en les mettant constamment face aux illusions et aux impostures sur lesquelles ils fondent leurs vérités. Longtemps persécuté par ceux pour qui il ne voulait que du bien, Socrate, cet homme qui n’a jamais prétendu détenir aucune vérité fut pourtant condamné à mort. Et notre société aujourd’hui est entrain de condamner un homme qui la gêne, un ASSID subversif qui s’oppose aux dogmes et aux normes, et qui aspire à un Maroc nouveau, sans contradiction ni extrémisme, un homme qui rêve d’évolution, de liberté et de droits, un rêve qui apparemment n’est pas partagé par tout le monde. Si donc Athènes de l’an  -399, a fait boire du poison à son Socrate aujourd’hui légendaire, que fera le Maroc de 2013 avec son ASSID révolutionnaire ?
                                                                                 Par : Dounia BOULAAKOUL
J20.MA

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